samedi 16 janvier 2010

ACTUALITE / Le Royaume des Illusions




Dans le monde étrange de Maleonn, les superhéros hilares sont couverts de contusions et les facteurs traversent les murs pour délivrer leur courrier. Pour sa première exposition en France, le public est invité à plonger dans son imaginaire foisonnant à travers une large sélection de photographies réalisées depuis 2004, Le livre des interdits, Une histoire chinoise...


Depuis 2004, Maleonn a reçu de nombreuses distinctions et parutions et son travail a fait l’objet d’importantes expositions à Shanghai, Hong Kong, Madrid, Bruxelles, Rome, New York, Chicago, Toronto…

Galerie Paris-Beijing
du 10 décembre au 30 janvier 2010

54 rue du Vertbois - 75003 Paris

vendredi 15 janvier 2010

INTERVIEW / Wang Lyu




INTERVIEW DE L'ARTISTE : WANG LYU

Quel était le rapport entre l’art chinois et votre génération d’artistes ?

Entre les années 1970 et 1980, la relation entre le parti et la plupart des artistes était une relation de résistance, de conflit.

Votre création a-t-elle été freinée par le contexte socio-politique ?

Non, en réalité, le contexte répressif et critique a donné aux artistes une énergie aui a pu engendrer une réelle création. Dans les années 1970, la plupart des artistes du groupe Xin Xin Art étaient issus de cet environnement.

Vous avez été membre du New Measurement Group, pouvez-vous nous éclairer sur le concept et l’ambition de ce groupe ?

« L’art a besoin de démocratie, la politique a besoin de liberté ». Voilà le slogan et l’idéal du groupe. L’exposition principale et illégale du groupe s’est tenue en plein air devant le Musée de l’Art Chinois en 1979.

Pensez-vous avoir été influencé l’occident ?

D’un point de vue global, la majorité de l’art contemporain trouve son origine à l’Ouest. L’art « non originaire » de l’occident est de toute façon, à différents niveaux, influencé par l’Ouest.

Pensez-vous que les artistes d’aujourd’hui soient réellement affranchis de la révolution culturelle ?

Dans les années 1980, la plupart des artistes et mouvements s’orientent vers le Pop politique, en relation avec l’idéologie socialiste. Ils utilisent donc les symboles du socialisme et les caractéristiques propres à l’identité chinoise. Depuis les années 1990, on peut dire que l’art contemporain s’éloigne de ces valeurs et s’émancipe.

jeudi 14 janvier 2010

FICHE D'ARTISTE / Un trio pris de torticolis

Nom

LUO BROTHERS

- Luo Weidong, né en 1963

- Luo Weiguo, né en 1964

- Luo Weibing, né en 1972

Lieu de résidence

Canton

Techniques

Peinture sur rouleaux de papier, peinture sur bois, technique traditionnelle de la laque


Les œuvres de ces trois frères sont un conglomérat de ce qui fait la société chinoise d’aujourd’hui : ce sont des œuvres figuratives emprises de symboles contradictoires, à savoir ceux de la société de consommation occidentale (hamburger, coca-cola, pellicules de photos…) et ceux de la révolution communiste. Il y a ainsi chez eux un dualisme entre techniques traditionnelles et ouverture sur l’occident. C’est ce que l’on appelle Nouveau réalisme chinois.
En l’espace de trente ans, depuis la mort de Mao, l’art chinois est passé du terne et de l’uniformité à l’assaut des couleurs et de la lumière.


Untitled A (Yellow horses), 2008
Ethan Cohen Fine Arts Gallery

mercredi 13 janvier 2010

INTERVIEW / Pierre Cornette de Saint Cyr


Entretien avec Pierre CORNETTE DE SAINT CYR, commissaire priseur


Pour mieux comprendre l’exode de l’art chinois en France, il est intéressant de s’interroger sur la source de cette expansion, c’est-à-dire ce qui exactement a propulser l’art chinois sur le marché français. Un des acteurs fondamentaux de cet événement est Maître Pierre Cornette de Saint Cyr qui fut l’un des pionniers de cet art dans les années 1990.

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec lui, et de mieux comprendre quels facteurs poussé à s’intéresser à cet art et son marché. Véritable amoureux de l’art contemporain chinois, la preuve en est : la moitié du mur derrière son bureau est couverte par les tableaux d’ artistes Chinois.

Comment l’art contemporain chinois a pu gagner votre cœur ?

J’ai voyagé à Hong Kong dans les années 1995-1996 avec César pour la fondation Cartier, qui organisait une exposition à l’époque. Le soir, nous sommes sortis dans un restaurant et en montant les escaliers pour entrer dans la salle, nous avons remarqué un pan de mur couvert par des tableaux très intéressants. Ils ont tout de suite accroché notre regard. Par la suite nous avons appris que ces œuvres étaient peintes par la première génération d’artistes contemporains après Mao. Rentrés à Pékin, j’ai tenu à rencontrer ces jeunes artistes et tâcher de comprendre leur art. La Chine a une histoire et une culture très riche et impressionnante, qui peut être un des facteurs du succès de l’art chinois. Tout de suite, j’ai senti en eux un potentiel artistique non négligeable.

Comment l’ouverture de ce marché a-t-il progressé dans le temps ?

Les premiers temps, les artistes contemporains chinois étaient plus connus à l’étranger que dans leur propres pays. Aujourd’hui, ces artistes regagnent avec plus de dynamisme le marché compatriote. Au début, les acheteurs nationaux souhaitaient acquérir les œuvres des artistes chinois pour les revendre à la suite, alors que de nos jours, ils les collectionnent.

Comment avez-vous fait connaitre l’art chinois en France ?

Nous avons organisé des ventes où nous intégrions un grand nombre d’œuvres- notamment des tableaux- contemporaines chinoises, afin de familiariser le public avec un art plutôt absent du marché. D’autre part, nous étions l’intermédiaire entre les galeristes et l’art chinois à ses débuts. Une des premières galeries à s’intéresser vraiment à l’art contemporain chinois est la galerie Loft.

Et aujourd’hui ? Combien d’artistes chinois avez-vous dans vos ventes ?

On y met à peu près 10 tableaux par vente. Nous préparons actuellement une vente pour mars où vous pourrez contempler à loisir quelques « bijoux » de la scène contemporaine du levant !

Est-ce que vous compter à faire une vente spécifique comprenant uniquement des œuvres contemporaines chinoises ?

Non. Je pense que ce serait dommage de les faires sortir du contexte de l’histoire de l’art contemporain, de les mettre à part. Elles ont leur place à part entière et font partie du marché.

Et la crise ? Comment a-t-elle touché les cotes des artistes chinois ?

D’après moi elle n’a pas eu un impact aussi important que le tapage médiatique le laisse entendre. Il y avait ce moment de « vraie crise » il y a quelques temps, mais plus aujourd’hui – les artistes chinois de vendent très bien et maintiennent leurs cotes.

Pourquoi l’art chinois vous intéresse –t-il tellement ?

La différence entre culture occidentale et chinoise me passionne. Tandis que les français se comportent d’après leur « droits », les chinois suivent d’abord le « devoir », dans chacune de leurs actions. La Révolution Culturelle passée, ils ne se laissent pourtant pas autant porté par un individualisme ambiant, contrairement aux français, sans ne froisser personne. Les chinois gardent en toute circonstance la notion d’appartenance à un groupe. Les devoirs, soit pour leurs enfants, familles, travail ou encore communautés, passent avant la notion même de liberté individuelle. Et les tableaux contemporains sont emprunt de toute cette culture, de toutes ces valeurs de société.

FICHE D'ARTISTE / Un rire jaune


Nom

YUE MINJUN

Date de naissance

1962

Lieu de résidence

Pékin

Techniques

peinture à l’huile, acrylique


Yue MINJUN est l’un des artistes les plus important de l’avant – garde chinoise. C’est la figure clé du réalisme cynique, mouvement qui émerge au lendemain des évènements de Tiananmen, en parallèle au Pop politique. Dans une Chine qui oscille entre tradition bouddhiste porteuse de sagesse et occidentalisation des modes de vie source d’angoisses, ce peintre choisit de faire du rire l’emprunte de ses œuvres - comme si le rire servait d’échappatoire, de catharsis à la peur du lendemain, de l’inconnu… Dans ses compositions de personnages hilares, le peintre se prend pour modèle. Ses autoportraits seul ou démultipliés sont toujours marqués par un rire décalé et exagéré.. Ses visages aux yeux mi-clos et au sourire grimaçant ont fait le tour du monde, et crevé le plafond des ventes publiques.
Ce réalisme cynique ne procède pas d’une démarche insouciante. Yue MINJUN s’appuie sur le thème du burlesque pour exposer la facette sombre de la Chine. Aussi s’inspire-t-il de tableaux occidentaux comme L’exécution de Maximilien de Manet pour mettre en scène les exécutions de 1989. On y voit des tireurs pointant leurs fusils vers des personnages se tordant de rire… De rire jaune.
Yue Minjun s’appuie sur une palette volontaire restreinte : le gris, le rose et le bleu lui suffisent pour peindre ce rire qui n’est pas une expression du bonheur. Ces physionomies sont l’expression très personnelle d’un désarroi, d’un désenchantement, d’une angoisse face aux à-coups de l’histoire et de la vanité des idéologies.
Il a été sélectionné pour la Biennale de Venise en 1999.

Execution, vendu à Londre 4 210 300 euros, estimé 1.5-2 millions d’euros


lundi 11 janvier 2010

ACTUALITE / breaking forecast : 8 key figures of china's new generation of artists




8 Key Figures of China's New Generation of Artists présente, dans le cadre d’une exposition originale, des œuvres nouvelles et récentes des plus grands artistes émergents ou confirmés de la Chine d’aujourd’hui : Cao Fei, Chu Yun, Liu Wei, Qiu Zhijie, Sun Yuan & Peng Yu, Xu Zhen, Yang Fudong et Zheng Guogu.
L’exposition montre l’histoire du présent, de ce qui se passe aujourd’hui en Chine. Loin de se vouloir exhaustive, elle se concentre sur les artistes qui marquent déjà leur génération, ainsi que la génération suivante.

Ullens Center for Contemporary Art (UCCA)

798 Art District,No.4 Jiuxianqiao Lu,

Chaoyang District, Beijing P.R.China 100015

vendredi 8 janvier 2010

HISTORIQUE / Vade-mecum de l'art contemporain chinois

L’histoire de l’art contemporain chinois a pour clé l’histoire du régime politique. Longtemps les artistes, enfermés dans un art engagé, célébrait des thèmes collectifs et les heures glorieuses du pays. Quand beaucoup plus tard le régime relâcha les rennes, les artistes ont penché vers un art gratuit, d’une inspiration intérieure.
Tout commence avec la Révolution Culturelle en 1966 : Mao, favorisant un réalisme socialiste, bloque l’émergence de formes artistiques expérimentales. L’art, « contaminé » par le capitalisme occidental, doit s’inspirer des problèmes sociaux intérieurs de la Chine.
Hello Xiaoping !

A la fin des années 1970, une fois la Révolution Culturelle finie, Deng Xiaoping (secrétaire du Parti communiste chinois de 1956 à 1967) lance sa politique d’ouverture et de réforme : il fut appelé « l’architecte des réformes et de l’ouverture ». On commence alors à parler d’art moderne, non pas à la façon de l’Occident mais avec le souci de libérer l’art du message politique et moral. C’est une grande époque de polémique : les artistes doivent choisir un camp, entre réalisme social et avant-garde.
Un mouvement au nom symbolique : Les Etoiles
« Chaque artiste est une star. Nous avons appelé notre groupe « Les Stars » afin de souligner notre individualité. » Ma Desheng (poète et peintre né à Pékin en 1952)








Nu allongé, 1984
Ethan Cohen Fine Arts Gallery



Les Etoiles sont le premier mouvement artistique à défier le pouvoir. En septembre 1979, 23 peintres et sculpteurs exposent 140 œuvres autour des jardins du Palais des Beaux Arts de Pékin – l’Etat ayant refusé un lieu plus adéquat. Les artistes revendiquent une liberté d’expression, encouragés par l’enthousiasme populaire.
Ce n’est qu’en 1980 que le pouvoir accorde aux Etoiles deux salles du Palais des Beaux Arts, dans l’espoir de limiter la diffusion de leurs œuvres. L’effet escompté est tout autre : le nombre de visiteurs et d’artistes explose, ce qui conduira l’Etat à interdire ce groupe. Les artistes migrent ainsi dans les pays capitalistes pour continuer à défendre leur liberté d’expression, refusant tout compromis.