mercredi 6 janvier 2010

HISTORIQUE / Une nouvelle révolution culturelle ?

De l’indifférence à l’omniprésence

Depuis ces trente dernières années, la vitesse à laquelle le marché chinois a évolué est stupéfiante. L’Empire du milieu jouit d’une position dominante dans l’économie mondiale qui ne se limite plus à la production mais qui inclut à présent la consommation.
Malgré le grand cri de liberté politique et artistique depuis les années 1970, on peut se demander si, depuis trente ans, la peinture chinoise a réellement su trouvé son originalité propre ?
Ce n’est que depuis dix ans que le monde artistique mondial s’intéresse à l’art contemporain chinois. Quand à la Chine elle-même, elle ne se soucie vraiment de son propre marché que depuis 2000. Il a fallu attendre une double révolution :
- Une ouverture sur l’étranger : les restrictions imposées à l’exportation et les taxes élevées défavorisant l’expansion artistique sont levées ;
- Une révolution relative à la liberté d’expression : pendant longtemps, les artistes avaient pour rôle la diffusion des images idéalisées de Mao.
Qui dit marché dit moyens de diffusion… Depuis 20 ans le gouvernement a légalisé le marché privé de l’art. On peut observer un essor des ventes aux enchères : plus de 100 maisons de ventes ont été fondées dans les villes, et de nombreuses foires sont crées. La première a lieu à Guangzhou, et il fut difficile d’organiser un évènement d’une telle ampleur.
Depuis les années 2000, les ventes majeures ont été multipliées dans les grandes villes : Pékin, Shangaï, Xian, Hangzhau, Suzhou et d’autres encore. Ces ventes étaient animées par des collectionneurs privés et des grandes entreprises chinoises de toutes les régions, qui grâce à la croissance économique pratiquaient des investissements en art.

Une libéralisation artistique à double face
Capitalisme économique ne rime pas toujours avec libéralisme social, surtout dans un pays qui contrôle toujours l’information. Les publications de la télévision sont beaucoup plus contrôlé que l’art contemporain, car leur audience est beaucoup plus large.
Cependant, musées et galeries restent surveillés. Le Zendaï Museum de Shangaï en mai 2006 a du fermer une exposition juste après le vernissage : le comité de censure avait imposé le retrait des projections de Zhang Ding, jugées pornographiques. De même, Zhang Xiaogang, qui dresse le portrait de « la grande famille chinoise », ne fut pas accroché.

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